Je jardine au naturel

Nous estimons avoir perdu 75 à 80% d’insectes en 30 ans en Europe. Un constat alarmant sur la biodiversité dont les causes sont notamment la destruction des habitats naturels et la pollution environnementale liée aux pesticides. A l’heure du déclin de la biodiversité, faisons-en sorte de l’accueillir dans nos jardins. Découvrez des pratiques alternatives respectueuses de l’environnement et de votre jardin !

 

Les alliés au jardin

Halte aux pesticides !

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées contre les ravageurs des cultures, les animaux considérés comme nuisibles, les herbes adventices et les champignons. En France, nous sommes le 3e pays le plus gros utilisateurs de pesticides au monde avec pour conséquence la pollution de notre environnement et une atteinte à la santé de tous.
Pourtant il est possible de réguler naturellement la présence de ces êtres non désirés dans nos jardins, en permettant notamment la présence d’une faune auxiliaire. Chaque jardinier a donc un rôle à jouer pour accueillir cette biodiversité qui l’aidera à produire ses fleurs et ses légumes sans produit de synthèse !

Dans un jardin naturel, lorsqu’une espèce prolifère, son prédateur peut naturellement apparaître. C’est l’utilisation massive des pesticides, l’artificialisation de nos jardins qui les rendent fragiles et en proie à des déséquilibres.

Qui sont les alliés au jardin ?

Pour simplifier, il existe trois catégories d’auxiliaire au jardin : les pollinisateurs, les prédateurs et les décomposeurs.

Comme le nom l’indique, ce sont des insectes qui vont polliniser les fleurs et vont permettre aux plantes de se reproduire grâce au transport du pollen. Ainsi, les plantes pourront former des fruits. A savoir que, 80% des plantes à fleurs ont besoin des pollinisateurs pour se reproduire !

Des exemples :
Abeilles, guêpes, bourdons, papillons, coléoptères, mouches, etc.

Les prédateurs se nourrissent de proies et régulent, ainsi, les populations de ravageurs dans le jardin.

Des exemples :
Oiseaux, lézards, hérissons, carabes, coccinelle, forficules (ou perce oreille), etc.

Les décomposeurs, associés aux bactéries et aux champignons, dégradent la matière organique en matière minérale assimilable par les plantes.

Des exemples :
Vers de terre, cloporte, etc.

Comment les accueillir dans nos jardins ?

Comme dans la nature, le jardin est un haut lieu d’activités biologiques et dans des endroits insoupçonnés ! Dans votre jardin, de nombreux milieux peuvent être, pour les auxiliaires, des refuges pour leur alimentation, leur abri et leur reproduction :

En choisissant des essences locales, variées et adaptées à votre jardin, votre haie sera un refuge pour de nombreux animaux, offrant l’alimentation et l’abri. En effet, les oiseaux pourront y trouver des insectes. Dans tous les cas, évitez la haie de thuya. C’est une plante toxique qui constitue une haie où les insectes et les oiseaux n’y sont pas les bienvenus.

Pour attirer nos pollinisateurs, quoi de mieux que de conserver un espace de pelouse en prairie fleurie ! On l’épargne donc de la tondeuse : marguerites, centaurées, millepertuis, sainfoins pourront s’y développer. N’hésitez pas également à diversifier votre jardin en plantes mellifères : sauge, coquelicot, bourrache, lavande, etc. Surtout, préservez des orties pour la reproduction de nombreuses espèces de papillons !

Vous avez un arbre mort, une vieille souche ou un tronc ? Savez-vous qu’ils regorgent en fait de vie ! Notamment, de nombreux arthropodes (araignées et insectes) appréciant l’obscurité et l’humidité de ce bois y élisent domicile, ce qui fait le bonheur des oiseaux insectivores comme le pic épeiche. Certains animaux nichent dans les cavités des arbres morts comme certaines chauve-souris qui sont d’incroyables insecticides naturels !

Le tas de bois est le refuge idéal pour l’hérisson qui pourra y passer l’hiver. On y trouve également le carabe, un coléoptère nocturne, se nourrissant de limace !

Les murets en pierre exposés au soleil constituent un lieu de vie pour les lézards qui sont très friands d’insectes.

Les habitats du jardin

Crédits photo : PublicDomainPictures ;  sipa ; fapro1 ; Free-Photos ; mounsey

Je fabrique mon abri à perce-oreille

Le perce-oreille ou forficule est un insecte qui apprécie les endroits sombres et humides.  C’est un grand amateur de pucerons, cochenilles et autres suceurs de sève. Les perces oreille sortiront la nuit pour manger vos pucerons. 

Matériels :

  • Pot en terre cuite
  • Paille
  • Ficelle
  • Bout de bois

Fabrication :

  1. Faite passer la ficelle dans le pot.
  2. Attachez un bout de bois, il servira à retenir la paille à l’intérieur du pot.
  3. Remplissez de paille.

Courant mai, laissez votre abri à l’envers au sol, sous une haie de préférence, pour que des perce-oreilles puissent élire domicile. A partir de juin, vous pourrez accrocher votre abri à la branche d’un arbre infesté de pucerons. Attention à changer d’arbre dès qu’il n’y a plus de pucerons, sinon vos perce-oreilles se nourriront de ce qu’ils trouveront : des bourgeons et des fruits.

 Votre abri à perce oreille est prêt !

Découvrez maintenant comment réaliser son hôtel à insectes.

Les pratiques au naturel

Le compostage

Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques, par le biais d’organismes présents dans le sol, en fertilisant naturel : le compost. Il peut être réalisé en tas ou en composteur, à condition d’avoir assez d’oxygène et d’humidité. Ce recyclage de la matière produit un engrais naturel et gratuit qui favorise la fertilité du  jardin.

Un tiers des déchets ménagers sont organiques et peuvent être compostés !

Découvrez ce que vous pouvez mettre dans votre compost.
Veillez à alterner les éléments secs et humides dans votre composteur. Il ne doit être ni trop sec ni trop humide. Remuez régulièrement vos déchets pour aérer le composteur.

Crédit photo : Antranias

Respecter le sol

Le sol est vivant ! Évitez de laisser la terre à nu sauf de manière temporaire, pour le semis direct de graines. De nombreux organismes y vivent (vers, insectes, bactéries et champignons), décomposent les matières organiques et aèrent le sol. La couverture végétale (constituée de déchets de tonte, écorces, paille, etc) appelée mulch, permet de protéger cette vie et fertiliser le sol. Elle protège le sol des excès de pluie, de sécheresse, de vent, de froid ou de chaleur, améliore la structure du sol et participe à l’enrichir.

Economiser l'eau

Si c’est possible pour vous, récupérez l’eau de pluie. Installez un collecteur qui récupéra l’eau des gouttière. Pensez à pailler vos plantes et privilégiez l’arrosage le matin, les sols étant plus frais, vous limitez ainsi l’évaporation de l’eau.

Désherber au naturel

Il existe plusieurs méthodes pour désherber sans avoir recours à des herbicides

  • Les eaux de cuisson des pomme de terre et des pâtes, c’est la concentration en amidon qui rendra votre désherbant efficace.
  • Du bicarbonate dans de l’eau bouillante : versez 2 cuillères à soupe pour 1 L d’eau.
  • Faire un mélange de gros sel avec de l’eau et du vinaigre blanc.

Dès qu’elles auront jauni, enlevez les facilement à la main !

Vous pouvez également réaliser un faux semis en aérant le sol comme pour des semis et arracher de suite les herbes qui poussent.

Pour aller plus loin

Le compostage et le paillage - ADEME

Pour avoir plus de conseils sur le compostage et le paillage, retrouver la brochure de l’ADEME.

La charte du jardinier amateur

S'engager pour un jardin au naturel

A afficher sur le frigo, sur la porte de la maison ou dans une cabane de jardin, cette charte rappelle les bons gestes à avoir au jardin : économie d’eau, paillage, … En la signant, vous vous engagez à les mettre en œuvres chez vous. Vous pourrez également vous inscrire à la liste de diffusion pour partager des astuces et poser des questions !

Envoyez la charte signée à marion.bernard@sepant.fr et précisez si vous souhaitez être inscrit sur la liste de diffusion, ainsi que votre commune de résidence.

Crédit photo du titre : Couleur